Escalade & Biodiversité - Bilan de deuxième année d'inventaire

Escalade & Biodiversité - Bilan de deuxième année d'inventaireL’abondance des milieux rupestres en Ariège et le manque de connaissances à leur sujet plaident très clairement en faveur de la mise en place d’études visant à enrichir les connaissances à l’échelle régionale et d’études appliquées (conservation ou restauration des communautés et des espèces rupestres). Il convenait donc dans un premier temps d’évaluer quantitativement et qualitativement le patrimoine naturel présent sur les falaises du département puis d’évaluer les conséquences des pratiques d’escalades, très développées sur plusieurs sites, afin d’assurer le maintien durable de ce capital biologique exceptionnel. Conserver ces biotopes-refuges représente donc une responsabilité patrimoniale de tout premier plan du fait de l’unicité, de la localisation restreinte et de la fragilité de tels écosystèmes.

L’étude a débuté en 2004 et sera terminée en 2007. Les sites étudiés se trouvent sur les communes d’Aigues-Juntes, Montgaillard, Alliat, Capoulet-Junac, Auzat, Rabat les-3-Seigneurs, Génat, Fougax-Barrineuf. Les groupes d’espèces étudiées sont les végétaux (hors lichens et champignons), les oiseaux, les reptiles, les chauves-souris, les insectes et les escargots.

Le travail est fait en collaboration étroite avec la FFME. Un comité de pilotage a été créé et regroupe tous les partenaires techniques, scientifiques, et moraux. Il permet de discuter et de statuer collectivement sur des modes de déroulement de l’étude et sur les modalités de gestions à mettre éventuellement en œuvre sur les sites.

Il apparaît clairement que les falaises représentent un milieu très particulier où des espèces d’habitats a priori différents peuvent se rencontrer ensemble. Comme cela était pressenti, certaines plantes sont capables de développer des adaptations morphologiques pour résister au microclimat rupestre. Un complément d’identification et d’inventaire sur les insectes nous apportera d’autres éléments quant aux arthropodes et aux éventuels endémismes.

Pour le moment, les résultats sont provisoires. Plus de 200 espèces de plantes ont été inventoriées dont l’Alysson à gros fruits (protégé au niveau national), l’Aethionème des rochers ssp. à feuilles ovales (protégée au niveau régional) et un Genévrier commun de 276 ans.

En terme d’impact de l’escalade sur le milieu, les résultats actuels ne permettent pas encore de tirer de grandes conclusions. L’impact visuel avant/après équipement de la voie pour l’escalade est souvent spectaculaire mais on peut constater qu’en fonction des méthodes d’équipement, une quantité importante de végétaux peut rester. Une réflexion sur des mesures conservatoires est en cours, de même que pour une communication à plusieurs niveaux sur le milieu rupestre.

La troisième année permettra très probablement d’affiner et de compléter ces résultats, constituant tout de même des données importantes pour un milieu encore peu étudié à présent. Cela nous permettra également de mettre en évidence les limites réelles de certains protocoles au regard des objectifs fixés au départ et de préconiser des protocoles plus affinés pour des études futures.