Impact des pratiques agricoles sur les populations de plantes messicoles
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Category: Plantes messicoles - Pelouses sèches
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Created on Wednesday, 01 January 2003 00:00
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Written by Laurence Léturgie
Les plantes messicoles appartiennent à notre histoire depuis très longtemps. A partir des IIIème et IIème millénaires avant l'ère chrétienne, les Indo-Européens, ont répandu en Europe des pratiques de culture de céréales (blé, orge, seigle…) qui ont été accompagnées par l’implantation de nombreuses espèces adventices. Un grand nombre de ces espèces, qui appartiennent à ces "plantes cultivées par mégarde" (Bleuet, Nielle des blés, Coquelicot, Adonis, Pied d'Alouette) proviennent de l'Italie du Sud et de régions montagneuses du Moyen Orient. Ce sont des plantes annuelles ou plus rarement vivaces, qui ont un cycle biologique similaire à celui des céréales et qui vivent de façon exclusive ou préférentielle dans les milieux soumis à la moisson.
Au cours des siècles, l'unité de ces espèces a été rompue et des populations distinctes sont apparues prenant en compte les particularités naturelles et culturales du milieu : ce sont donc maintenant des populations génétiquement bien distinctes.
Les champs cultivés sont un milieu à fortes contraintes (pesticides, techniques culturales…) qui ont induit des réponses adaptées des plantes messicoles. Cependant, avec le développement d’une agriculture intensive et productive au XXème siècle, ces espèces ont été systématiquement détruites sur leur milieu (herbicides…), avec comme conséquence, une menace de disparition pour 300 espèces présentes dans les champs cultivés et une centaine d’espèces proches de l’extinction.
Le principal intérêt de sauvegarder les plantes messicoles est de préserver la diversité biologique. En effet, ces populations sont le résultat de plusieurs siècles d'adaptations à nos climats et à nos pratiques agricoles et qui disparaîtront irrémédiablement si nous n'y prenons pas garde.
Aussi l’ANA a-t-elle mené une étude pendant 3 ans (2001-2003) dans le but :
- d’avoir une connaissance sur la biologie, l’écologie et la répartition des plantes messicoles en Ariège
- de connaître l’impact de différentes pratiques agricoles (traditionnelle, biologique…) sur cette flore.
- et de rédiger des propositions de gestion et éventuellement un cahier des charges pour la prise en compte de la pérennité des plantes messicoles sur une exploitation dans le cadre d’un CTE.