Impact des pratiques agricoles sur les populations de plantes messicoles en Ariège

Impact des pratiques agricoles sur les populations de plantes messicoles en AriègeLes plantes messicoles appartiennent à notre histoire depuis très longtemps. Une partie d'entres elles ne sont pas originaires de France. Le cortège messicole sur silice est originaire d'Europe et les autres espèces ont une origine extra Européenne.

A partir des IIIème et IIème millénaires avant l'ère chrétienne, les Indo-Européens, à la suite de nombreuses migrations, ont répandu en Europe des pratiques de culture de céréales (blé, orge, seigle…) qui ont été accompagnées par l’implantation de nombreuses espèces adventices.

Un grand nombre de ces espèces, qui appartiennent à ces "plantes cultivées par mégarde" (Bleuet, Nielle des blés, Coquelicot, Adonis, Pied d'Alouette) proviennent de l'Italie du Sud et de régions montagneuses du Moyen Orient. Ce sont des plantes annuelles ou plus rarement vivaces, qui ont un cycle biologique similaire à celui des céréales et qui vivent de façon exclusive ou préférentielle dans les milieux soumis à la moisson.

Au cours des siècles, l'unité de ces espèces a été rompue et des populations distinctes sont apparues prenant en compte les particularités naturelles et culturales du milieu : ce sont donc maintenant des populations génétiquement bien distinctes.

Les champs cultivés sont un milieu à fortes contraintes (pesticides, techniques culturales…) qui ont induit des réponses adaptées des plantes messicoles. Elles ont du développer des stratégies pour survivre et se reproduire sur des sols régulièrement bouleversés (labours…), avant la période de moisson et en dépit de l’utilisation de pesticides…

Cependant, avec le développement d’une agriculture intensive et productive au XXème siècle, ces espèces ont été systématiquement détruites sur leur milieu (herbicides…), avec comme conséquence, une menace de disparition pour 300 espèces présentes dans les champs cultivés et une centaine d’espèces proches de l’extinction.

On peut ainsi prendre l’exemple du coquelicot, qui a complètement été éradiqué des champs cultivés et qui s’est réfugié dans des milieux à tendance rudérale (décombres, décharges…) ou aux abords des routes, mais qui s’y épanouit difficilement et qui finit par disparaître en raison de la précarité de son milieu d’implantation.

Le principal intérêt de sauvegarder les plantes messicoles est de préserver la diversité biologique (de l'écosystème au génome). En effet, ces populations sont génétiquement distinctes, propres à nos contrées, résultat de plusieurs siècles d'adaptations à nos climats et à nos pratiques agricoles et qui disparaîtront irrémédiablement si nous n'y prenons pas garde.